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Concentration : améliorer sa capacité de travail et d’attention


Il est possible d’entraîner la concentration comme si elle était un muscle. En effet, celle-ci repose sur des circuits cognitifs (attention soutenue, contrôle inhibiteur, mémoire de travail) qui se renforcent avec une pratique régulière.

L’objectif n’est pas de « forcer » en permanence, mais d’alterner entre effort focalisé, récupération et structure de l’environnement.

1) Entraîner la concentration (comme un muscle)


A. Le principe de progression


La concentration fonctionne par une série d’efforts répétés, comme à la salle de sport. C’est une compétence qui se travaille comme toutes les autres et qui n’est donc pas innée.

Par exemple, au début, la concentration peut durer 10 minutes pour 3 minutes de pause. Puis l’effort peut aller jusqu’à 20 minutes, contre 5 minutes de pause. Enfin, l’effort de concentration peut durer entre 45 minutes et une heure contre 10 à 15 minutes de pause.

L’important, c’est d’éviter d’atteindre un niveau de fatigue mentale et de savoir pousser l’effort de concentration à son avantage en évitant de dépasser ses limites.
Petit à petit, avec la pratique, la durée de concentration progresse naturellement.
En effet, c’est la régularité quotidienne de cette habitude qui renforce le cerveau.


B. Un entraînement quotidien simple (en 15 minutes)


Voici un exercice classique, qui se rapporte à la méthode de travail dite « Pomodoro ».
1. Choisir une tâche mentale simple (lecture, résumé, exercice).
2. Mettre un minuteur.
3. Se concentrer uniquement dessus.
4. Dès que l’attention part -> la ramener sur la tâche volontairement.

Le retour volontaire de l’attention est l’équivalent de la répétition musculaire en gymnastique.


C. La méditation pour l’attention


En effet, la méditation améliore directement les réseaux de concentration dans notre cerveau.

Par exemple:
1. Se concentrer sur la respiration;
2. Quand une pensée arrive -> la remarquer;
3. Revenir à la respiration.

10 minutes par jour de cet exercice suffisent amplement.
Parmi les effets de cet exercice, on observe une amélioration de la capacité d’attention, une diminution des distractions, et un meilleur contrôle des impulsions.

2) Techniques concrètes pour rester concentré


1. La méthode Pomodoro


Cette technique est l’une des méthodes de productivité les plus connues chez les élèves et étudiants.
Sa structure est classique, simple à mettre en place.

1. 25 minutes de travail,
2. 5 minutes de pause,
3. Après 4 cycles -> pause longue (20 minutes)

Les avantages de cette méthode sont évidents. Elle prévient la procrastination, rend le travail mesurable, et crée un rythme cognitif solide.


2. La règle des 5 minutes


Cette règle est une stratégie très simple à mettre en place. Quand on procrastine, il suffit de se motiver en se disant: « Bon, je vais m’y mettre 5 minutes ».
Le temps d’ouvrir ses notes de cours et ses cahiers, puis de se demander quelles sont les priorités de la semaine, les 5 minutes sont largement dépassées.

Dans la majorité des cas, l’inertie mentale disparaît d’elle-même et on continue d’étudier même après 5 minutes.


3. Objectifs très clairs


En effet, le cerveau se déconcentre lorsque la tâche à effectuer est trop floue.
Par exemple, se dire « je dois réviser telle matière » est trop flou pour le cerveau. Une matière (droit, philosophie, Histoire…) englobe tellement de profondeur, de connaissances, que le cerveau est dépassé par les implications d’une telle séance de travail.

Pour être plus précis et plus motivé, dis-toi qu’il te faut réviser aujourd’hui, par exemple, 3 fiches d’arrêt et aprendre trois notions clés découvertes dans la semaine.


4. Monotâche stricte


Le multitâche détruit la concentration. En effet, avoir plusieurs tâches en parallèle augmente la multiplicité des distractions.

La règle d’or dans ces cas-là, c’est: 1 tâche, 1 fenêtre (onglet ouvert), 1 document.
Pas de téléphone, pas d’onglets multiples sur son ordinateur, et pas de notifications.


5. Externaliser les distractions


Quand une idée parasite survient, note-la sur un papier ou dans l’appli « notes » de ton smartphone. Ensuite, reviens immédiatement à ton travail sans plus t’en préoccuper.

Cela s’appelle le parking mental: noter les idées qui nous viennent tout en étant capables de rester concentrés sur la tâche sur laquelle nous travaillons à l’instant T.


6. Le design de l’environnement


L’environnement influence grandement la capacité de concentration. D’ailleurs, il ne viendrait à personne l’idée de réviser au milieu d’un gymnase!

Le principe est le même chez soi. Un bureau mal rangé (ou pas de bureau tout court) dérange l’ordre nécessaire pour motiver le cerveau à se concentrer.

Afin d’optimiser son espace de travail, il faut s’assurer que son bureau soit épuré afin que seules les tâches du moment soient accessibles. Pour éviter les distractions, le téléphone est hors de portée pendant la séance de travail. Vous pouvez écouter de la musique (sans paroles) si le son aide à vous concentrer.

Enfin, l’idéal est d’étudier au même endroit tous les jours. En effet, le cerveau associe le bon lieu avec la concentration.


7. Ritualiser le début du travail


Créer un rituel identique avant le début de chaque session de travail permet au cerveau d’associer ce rituel avec la venue d’un effort cognitif.

Le mieux reste de commencer par épurer son espace de travail et de sortir le matériel qui sera utilisé pendant les révisions (ordinateur, cahiers, notes…).
Ceux qui ont tendance à stresser lors des examens peuvent instaurer un exercice de respiration avant le début de leur séance de révisions. Ainsi, vous pourrez réviser avec plus d’efficacité et pourrez vous faire confiance au moment de l’épreuve.

D’autres aiment écouter de la musique pendant qu’ils travaillent. Vous pouvez alors vous connecter sur Youtube ou demander à Alexa de chercher les soundtracks de musique de films (Harry Potter, Hunger Games, Star Wars…) ou rechercher les compositeurs classiques (Mozart, Beethoven, Vivaldi…).

3) Techniques efficaces pour les personnes TDAH


Le TDAH implique notamment la difficulté à se concentrer de façon soutenue, une impulsivité cognitive et la recherche de stimulation mentale.
Pour améliorer sa concentration, les stratégies doivent donc augmenter la stimulation et la structure.


1. Des sessions de travail plus courtes


Pour beaucoup de personnes TDAH, les sessions devraient durer entre 10 et 20 minutes plutôt que 45 minutes et inclure des pauses fréquentes.

En effet, l’effort cognitif est plus épuisant chez les personnes TDAH.


2. Le travail avec une stimulation légère


Certaines stimulations peuvent améliorer la concentration. Musique instrumentale, bruit blanc, café, objet à manipuler (fidget)…
Ces petites stimulations saturent légèrement le cerveau, ce qui, paradoxalement, stabilise l’attention.


3. Le « body doubling »


Cette technique est très efficace. Le principe est simple: travailler en présence d’une autre personne. Même sans interaction.
Par exemple, tu peux aller à la bibliothèque, dans un espace coworking, ou être en appel vidéo silencieux avec des amis.

L’idée, c’est que la présence sociale augmente la responsabilité cognitive. En d’autres termes, la présence sociale motive à travailler.


4. Découper les tâches


Le cerveau TDAH bloque sur les tâches trop larges.
L’idée est de penser en termes de tâches précises plutôt qu’en termes de disciplines intellectuelles à part entière.

Il s’agit de transformer « réviser le chapitre » en:
1. Lire 2 pages,
2. Noter 3 idées,
3. Faire 1 fiche.


5. Utiliser une urgence artificielle


Les personnes TDAH fonctionnent bien avec la pression.
S’inventer des défis à relever pendant la séance de travail permet de stimuler le cerveau à travers le jeu.

Tu peux utiliser un minuteur, t’adresser des défis personnels (pratique pour dépasser tes limites!) et entrer en compétition avec toi-même.


6. Le travail à travers le mouvement


Certaines personnes se concentrent mieux en bougeant.
Marcher en lisant, bureau debout, vélo d’appartement, faire des pauses physiques (promenade, musculation…) sont autant de stratégies efficaces.

En effet, le mouvement stimule le système dopaminergique qui est lié à la motivation.

4) Des habitudes pour améliorer la concentration


Le cerveau a besoin d’un terrain physiologique favorable pour fonctionner à son plus haut potentiel.

1. Le sommeil
La durée idéale de sommeil, chez les adultes, se situe entre 7h et 9h par nuit. Chez les adolescents, elle est plutôt d’environ 10h de sommeil nocturne.
Le manque de sommeil réduit fortement la capacité d’attention.

2. Le sport
L’exercice physique améliore la dopamine, l’attention et la mémoire chez les individus.
20 minutes d’activité physique quotidiennent augmentent la concentration pendant plusieurs heures.

3. La nutrition
Une bonne alimentation rend plus fort.
La concentration est favorisée par les protéines, les oméga-3 et les glucides complexes. C’est pourquoi il vaut mieux éviter le sucre rapide et les repas lourds.

La concentration est un muscle


La concentration n’est pas un état permanent. Elle dépend autant de facteurs internes, propres à sa propre discipline, qu’à des facteurs externes qui dépendant de son propre état de fatigue ou de santé.

Même les personnes qui sont très productives savent alterner entre focus intense et repos mental bien mérité.

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