Ce qu’enseigne Aristote à propos de la vertu intellectuelle


Aristote est l’un des philosophes grecs les plus réputés. Ayant vécu au IVe siècle avant J.C, sa pensée fait partie de celles qui ont structuré au cours des millénaires suivants toute la philosophie occidentale. Il fonde à Athènes une institution nommée le « Lycée » où il est réputé enseigner en marchant. Il est notamment connu pour avoir discuté l’âme, la vertu, ou encore la vérité et le bonheur dans ses livres clés comme l’Ethique à Nicomaque ou De l’âme.

Pendant plusieurs siècles, il a incarné l’autorité philosophique par excellence en Europe.

Introduction


Elève de Platon et maître d’Alexandre le Grand, Aristote était connu pour l’ampleur de son oeuvre. Non content de réfléchir, il cherchait aussi à organiser le savoir disponible avec rationalité.

Ses domaines d’intervention incluent la logique (il conceptualise les premières idées du syllogisme), la métaphysique (l’étude de l’être en tant qu’être), la physique (l’étude de la nature), la biologie (observations très développées pour son époque), l’éthique (dans son Ethique à Nicomaque), la politique et la poésie (analyse de la tragédie).

Le philosophe développe quatre idées centrales dans ses ouvrages et qui sont encore enseignés aujourd’hui.
-> Il développe la théorie des quatre causes (matérielle, formelle, efficiente, finale) pour expliquer les phénomènes.
-> Il distingue ce qui est en puissance (potentiel) de ce qui est en acte (effectif, actuel). Cette distinction est fondamentale pour comprendre le changement.
-> Dans l’Ethique à Nicomaque, Aristote soutient que la finalité humaine est le bonheur.
-> Dans la Politique, il affirme que l’humain est par nature un « animal politique », orienté vers la vie en communauté.


Dans cet article, nous allons tâcher de comprendre ce qu’enseigne Aristote à propos de la vertu intellectuelle.

1) La structure de l’âme rationnelle


Pour Aristote, la vertu intellectuelle est une excellence propre à la partie rationnelle de l’âme.
L’âme rationnelle est propre aux humains.
Dans l’Ethique à Nicomaque, Aristote distingue deux parties de l’âme rationnelle: une partie est irrationnelle et l’autre est rationnelle.
Mais pour le philosophe, la partie irrationnelle est partagée en deux utilités. Parfois, elle est purement végétative. Elle ne pense pas. D’autres fois, elle participe à la raison (il part d’une part appétite de partie irrationnelle de l’âme humaine).

La partie rationnelle de l’âme a deux fonctions:
a) Elle est théorique.
L’âme rationnelle recherche la vérité. Elle concerne la réalité nécessaire et immuable qu’on ne peut pas nier. Elle produit la science (epistêmê en grec) et la sagesse (sophia en grec).

b) Elle est également pratique.
Elle concerne l’action. Elle concerne les « choses contingentes », c’est-à-dire les occasions. Elle permet à l’humain de rester prudent lorsque la situation le demande.


Aristote analyse l’intellect à partir de l’âme et opère une distinction entre deux visions de l’intellect.
a) L’intellect possible.
C’est le potentiel intellectuel d’une personne. L’intellect possible suit le changement de la logique interne des individus. Il fait « table rase » du passé, dans un sens. Mais d’un passé interne, propre à chacun, correspondant à son propre schéma de pensée.

b) L’intellect agent.
C’est l’intellect qui agit, qui permet le changement. C’est la capacité d’apprendre d’une personne.

2) Les 5 vertus intellectuelles


Pour Aristote, il existe cinq qualités qui permettent à l’humain d’atteindre la vérité.

1. La science
C’est une connaissance démonstrative, qui porte sur le nécessaire. Elle repose sur des principes fondateurs et se démontre par des syllogismes. Par exemple, les mathématiques qui impliquent de comprendre les causes des phénomènes naturels et non une simple accumulation d’informations.

2. L’art ou la technique
C’est une capacité à produire selon une vraie règle de création. Il s’agit de « faire ». L’art et la technique ne visent pas l’argent comme finalité. Par exemple, l’architecture ou la médecine dont la différence tient que fin de l’art est l’objet produit et non l’action morale elle-même.

3. La prudence
C’est la qualité intellectuelle pratique par excellence. Elle se pratique au quotidien en concernant l’action humaine. La prudence est occasionnelle et permet de délibérer correctement selon ce qui est bon et utile pour bien vivre. La prudence n’est pas une simple abileté stratégique, elle suppose une orientation vers le bien moral.

4. L’intellect
Il permet de comprendre les principes fondateurs de la science. L’intellect fonctionne par intuition intellectuelle et non par démonstration.

5. La sagesse
La sagesse est la combinaison de l’intellect et de la science. Elle concerne les réalités et les causes ultimes. Pour Aristote, la sagesse est la plus haute forme de connaissance.

3) Distinction entre vertu intellectuelle et vertu morale


Aristote établit une différence méthodique entre la vertu intellectuelle et la vertu morale.
Il considère que la vertu morale résulte de l’habitude. Elle est liée aux passions d’autrui et vise un équilibre. La vertu intellectuelle, quant à elle, viendrait de l’éducation. Elle cherche la vérité.

Pour Aristote, la vertu intellectuelle s’aquiert par l’éducation, le temps et l’expérience.

4) La vraie finalité: vérité et bonheur


Pour le philosophe, la vertu intellectuelle a pour finalité la vérité. Cependant, elle joue aussi un rôle influent dans la notion de « vie bonne », ou de bonheur.
Aristote soutient d’ailleurs que la contemplation est la forme la plus élevée du bonheur. Pour lui, c’est la forme la plus élevée de la sagesse. Et c’est aussi une activité humaine sacrée, presque divine, propre aux sages.

Ainsi, pour le penseur, la vertu intellectuelle n’est pas juste un instrument. Elle constitue en réalité la forme la plus accomplie de la vie humaine. Elle distingue l’humain de l’animal.

Ce qu’enseigne Aristote à propos de la vertu intellectuelle


Ce qui est central chez Aristote, c’est que la vertu morale sans prudence est considérée aveugle, naïve. Et la prudence sans vertu morale est pervertie.

Selon lui, c’est la droiture du désir qui conditionne la justesse du raisonnement pratique. L’éthique et l’intellect vont donc ensemble.

La vertu intellectuelle est donc une excellence de la raison.

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